Prise en charge des intoxications par les secouristes

A Intoxications volontaires :

1 Tentative de suicide :

On retrouve souvent un contexte psychiatrique, des antécédents de tentative de suicide, en interrogeant la famille ou la victime si elle peut répondre aux questions.

Lors de la prise en charge des suicidaires il faut être particulièrement vigilant car à tout moment la récidive peut survenir ; ce peut être la prise des médicaments mais aussi des gestes plus agressifs comme des défenestrations…Le suicidaire est à surveiller de très prêt.

Le bilan consistera dans l’évaluation de l’état de conscience, la mesure des constantes vitales : pression artérielle fréquence cardiaque saturation en oxygène.

On relèvera les ordonnances les boites vides, on recherchera la prise d’alcool et de stupéfiants.

Les tentatives de suicide se font dans 90 % des cas par des médicaments, principalement des psychotropes dans 38% des cas dont 80 % de benzodiazépines et presque 10 % d’antalgiques (paracétamol…).

1 1 Intoxications volontaires : la victime est consciente

Il faut tout d’abord être vigilant aux réactions du patient ; La volonté de mourir n’est pas toujours réelle et ce n’est parfois qu’un appel à l’aide ; Parfois le désir de mort est présent et la venue de secours n’est pas ressentie de façon positive ce qui peut se traduire par des réactions violentes, comme de l’agitation des propos injurieux mais aussi des gestes agressifs qui peuvent mettre en jeu la vie des ambulanciers ou des pompiers présents sur place. Certains toxiques peuvent conduire à ce même type de réactions : alcool cocaïne…

La présence d’une arme impose la plus grande prudence ; Le patient peut s’en servir contre les secouristes mais aussi contre lui-même.

Il faut essayer le dialogue s’il est encore possible ; Une attitude calme permet souvent d’apaiser la situation ; Une seule personne essaiera d’établir le contacte avec le patient. Un patient armé et ou extrêmement agité doit conduire à l’appel des forces de l’ordre ; Cela se fera sans que la personne ne le voit, en demandant à ces derniers d’éviter les avertisseurs sonores qui ne sont sources que d’aggravation de la situation.

On essaiera de proposer l’hospitalisation ; Un refus impose la venue d’un médecin qui pourra ordonner s’il le juge médicalement utile une hospitalisation sous contrainte.

Deux types d’hospitalisation sont possibles dans ce cas ; L’hospitalisation sur demande d’un tiers ou HDT. Elle nécessite un certificat rédigé par un tiers (membre de la famille un voisin…) et un certificat du médecin ; L’HDT concerne la prise en charge de pathologies psychiatriques, comme les tentatives de suicide état dépressif… ; L’hospitalisation d’office ou HO, qui nécessite le certificat du médecin et une demande du maire ou de son représentant ; Elle concerne les patients possiblement dangereux pour autrui.

Une hospitalisation est impérative dés qu’il y a une tentative de suicide ou une situation proche (prise de quelques comprimés, la victime dit qu’elle voulait dormir…), car il y a un geste suicidaire possiblement dangereux soi par la toxicité du produit ou par l’état psychiatrique de la personne.

Un bilan sera passé au médecin régulateur du SAMU qui prendra la décision finale.

1 2 Intoxications volontaires : victime inconsciente

Dans un premier temps il faut évaluer le niveau de conscience par des stimulations sonores et douloureuses.

On effectue aussi la mesure des constantes vitales : pression artérielle fréquence cardiaque fréquence respiratoire saturation en oxygène ;

La libération des voies aériennes supérieures (LVAS) est primordiale afin de pouvoir rétablir un bon accès de l’air par les voies respiratoires et mise en Position Latérale de Sécurité (PLS) pour limiter le risque d’inhalation bronchique.

L’oxygénation est possible (sauvetage) si la saturation est inférieure à 94%.

Il est impératif de passer un bilan médical au SAMU avant le brancardage de la victime et le départ des lieux +++

On recherchera aussi les boites vides avec les blisters, la présence de bouteilles d’alcool…

Il faut être conscient que certains médicaments, d’utilisation courante sont potentiellement mortels à forte dose : aspirine paracétamol colchicine nivaquine ; D’autres médicaments employés pour le cœur (anti-arythmiques béta bloquants…) sont extrêmement dangereux voire mortels.

Il n’existe pas de médicaments sans effets secondaires et donc sans risque en cas d’ingestion massive.

2 Les toxicomanes :

Les toxicomanes ne consomment plus seulement l’héroïne mais de nombreux produits peuvent être en cause : cocaïne ecstasy solvants médicaments…

L’absence de trace de piqûre, dans le cas des héroïnomane n’écarte pas le risque d’overdose, puisque actuellement la prise d’héroïne peut se faire par voie nasale par voie buccale (cigarette) ou par des « injections cachées » sous la langue.

On estime en France qu’il y a environ 400 000 héroïnomanes 500 000 utilisateurs d’ecstasy et 1 000 000 d’utilisateur de cocaïne

2 1 L’Overdose : c’est une prise massive d’un toxique :

n Overdose d’héroïne :

Le risque principale est la dépression respiratoire pouvant aller jusqu'à l’arrêt ventilatoire et donc l’arrêt cardiaque.

Le patient est retrouvé somnolent voire dans le coma avec une fréquence respiratoire basse ; On recherchera des restes héroïne des seringues… ce qui orientera sur le diagnostic d’overdose.

Une prise en charge médicalisée s’impose dans ce cas surtout en cas de troubles de conscience de bradypnée.

Les mesures habituelles en cas de coma sont appliquées : LVAS et PLS, l’oxygénation en cas de saturation en oxygène < 94%, voire ventilation au ballon en cas d’arrêt ventilatoire en attendant l’arrivée de l’équipe médicale.

n Overdose de cocaïne :

Le risque principale est cardio-vasculaires avec poussée d’hypertension artérielle possibilité d’angine de poitrine voire d’infarctus du myocarde ;

Les hallucinations sont le premier signe avec une agitation ;

D’autres signes sont possibles tels que des céphalées vomissements sueurs hyperthermie agitation ;

n Overdose de « speed ball » : mélange cocaïne héroïne

Parfois les doses d’héroïne sont fortes avec des effets masqués par la cocaïne ; La gravité et les complications sont les mêmes : collapsus coma et arrêt ventilatoire

n Dérivés amphétaminiques :

o Ecstasy : rave party, population étudiante…

§ MDMA : « love drug »

Il provoque une hyperthermie maligne, une hyper-activité psychomotrice des troubles de la marche…évoluant vers des convulsions et le décès.

§ PMA : para méthoxy amphétamine : risques cardiovasculaires et nerveux, dérive de l’ecstasy ;

n Autres :

o Champignons

o LSD

o Poppers

o Crack

2 2 Intoxication par un tiers :

n Le GHB : gamma hydroxy butyrate

Médicament anesthésique peu employé actuellement (gamma OH) qui a été détourné de son usage médical ; Il permet une levée des inhibitions et la possibilité de relations sexuelles multiples avec amnésie des faits : « drogue du viol ». Il est incolore sous forme liquide ou en poudre ; Il peut de sniffer se boire ou se fumer.

n Rohypnol flunitrazepam: benzodiazépine retirer de la vente en France, mais toujours vendu dans certains pays qui détourné de son usage était aussi qualifiée de « drogue du viol ».

n Ces médicaments vont provoquer un état confusionnel, puis une somnolence voire un coma

B intoxications accidentelles

1 Intoxications par des produits domestiques :

On compte 20 000 morts chaque année suite à des accidents domestiques ; Ils touchent dans 50% des cas des enfants.

Certains produits peuvent créer de graves lésions en cas d’ingestion ou de simple contactes cutanés.

n Les caustiques comme la soude ou des produits tel que le DESTOP, les lessives à laver la vaisselle …sont à l’origine de lésions cutanées ou muqueuses graves (sphère oropharyngée œsophage estomac),

n Les acides : acide chlorhydrique ou sulfurique…

n la javel concentrée peut aussi créer des lésions graves.

n Les produits moussants les produits pétroliers sont à l’origine de troubles digestifs de lésions pulmonaires voire neurologiques.

Ces accidents touchent souvent les enfants ;

Il convient de ne pas les faire vomir, ne pas faire les faire boire quoique ce soit ;

n On observera :

o Une Irritation des lèvres, de la bouche

o Une Hypersalivation

L’hospitalisation est impérative car les lésions sont parfois profondes et elles nécessitent une intervention chirurgicale.

2 Ingestion de piles :

Il y a des risques de perforation gastrique, surtout avec les piles au lithium…

Une hospitalisation est impérative

3 Causes Professionnelles :

Les organophosphorés les produits agricoles (désherbant engrais …)

Le pronostic vital est engagé.

4 Causes Alimentaires : champignons (amanites…)

5 Intoxications accidentelles par des gaz :

5 1 Intoxication au CO :

La production de CO (gaz difficilement perceptible car inodore et incolore) est liée à une combustion incomplète d’un dérivé carboné (manque d’O²).

Le mauvais fonctionnement d’un appareil de chauffage peut être la cause de formation de CO. Les endroits confinés et mal aérés sont des situations favorisantes.

Dans le cadre professionnel, certaines professions sont exposée : garage champignonnières…

Symptomatologie :

Les symptômes sont collectifs (famille & animaux) : avec des nausées, vomissements et céphalées ;

Cela évolue vers le coma, les convulsions…puis le décès.

L’évolution peut être foudroyante.

Il faut noter que la SPO² est normale et qu’il n’y a pas de cyanose

Prise en charge :

Les risques de troubles de conscience, coma par le CO surviennent vite, et sans prodrome ; Les secouristes devront faire très attention.

Ø Aérer les locaux

Ø Evacuer la (les) victime(s) de l’environnement dangereux

Ø Attention à « ne pas respirer » pendant la manœuvre

Ø effectuer le bilan des fonctions vitales

Ø oxygéner rapidement : masque à haute concentration 15 L/min

Ø toujours hospitaliser (dosage HbCO Oxygénothérapie)

Ø et si nécessaire traitement en caisson hyperbare (femme enceinte défaillance cardiaque troubles de conscience)

ATTENTION : pas d’étincelle car il y a toujours un risque d’explosion en présence de gaz.

Intoxication par les fumées d’incendie : CO CO² et cyanure (CN)

Les fumées incendie exposent non seulement aux intoxications par le CO mais surtout aux intoxications par le cyanure ou ses dérivés.

En cas d’incendie seul l’ARI permet de pénétrer dans l’atmosphère gazeux et enfumé

Les masques NRBC sont perméables au CO

La symptomatologie de l’intoxication au CN se traduit par des troubles de conscience, convulsions, coma…voire un état de choc

Prise en charge :

Un Bilan au SAMU s’impose ainsi qu’une prise en charge médicalisée ;

Antidote du CN : Vitamine B12 CYANOKIT

Conclusions :

Ø En cas d’intoxication volontaire :

Recueillir ordonnances médicaments boites vide…

Avis médical : hospitalisation sous contrainte

Ø En cas d’intoxication accidentelle :

Risques vital engagé

Ne pas faire boire, ne pas faire vomir

Bilan au SAMU

En cas d’intoxication par des gaz

Oxygénation

Bilan au SAMU

Ø Victime inconsciente :

LVAS et PLS

BILAN SAMU AVANT LE DEPART DES LIEUX

Commentaires (1)

1. betonmma (site web) 22/08/2012

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